Psycho: écouter, déculpabiliser et motiver
Mode de vie : le sucre est-il une drogue ?
Le 02/07/2014 par Marie-Cécile Puissochet
On aime tous le sucré depuis tout petits : c’est inné. Mais certains développent une attirance pour le glucose qui confine à la dépendance - on parle même parfois d’addiction au sucre. Comment apprécier à nouveau le sucre avec modération ?
Le premier goût qui se développe chez le bébé est l’appétence pour le sucré, et c’est celle qui s’altère le moins avec l’âge même si les envies de salées viennent souvent en grandissant. Le goût du sucre joue aussi le rôle de stimulant alimentaire : la nourriture, même celle que nous n’aimons pas, est tout de suite beaucoup plus agréable quand on lui ajoute du sucre !
Publié le 18/07/2012
Mis à jour le 02/07/2014
Le sucre, aliment de notre cerveau
L’appétence pour le sucre répond à un besoin de notre organisme : en effet, le glucose est l’aliment principal de notre cerveau. Lorsque nous en manquons, nous entrons en hypoglycémie, et tout notre organisme envoie des signaux de détresse. C’est pour éviter cette expérience très désagréable que nous recherchons spontanément les aliments sucrés.
Or manger du sucre stimule les zones du cerveau associées à la récompense et au plaisir et notre alimentation moderne contient énormément de sucres cachés, dopant à notre insu notre consommation quotidienne de glucose : tous les facteurs semblent réunis pour susciter chez certains une forme d’addiction… Qui n’est pourtant pas reconnue scientifiquement.
Ne pas confondre addiction et compulsion
En effet, il n’est pas prouvé que les récepteurs du cerveau stimulés par le sucre soient les mêmes que ceux qui réagissent à la consommation de drogue. De plus, une addiction se caractérise par le besoin compulsif de consommer une substance, mais surtout par une consommation incontrôlée et des symptômes de sevrage (tels que l’angoisse et l’irritabilité) lorsqu'on en est privé. Les personnes qui présentent un appétit incontrôlable pour le sucre ne sont pas pour autant dépendantes physiquement du glucose : il s’agit plutôt d’une compulsion que d’une addiction.
Comment naît cette compulsion sucrée ? Avoir été systématiquement récompensé enfant par des sucreries, ou en avoir été à l’inverse privé, peut conduire à développer une attirance excessive pour le sucre.
Mais c’est surtout l’interdiction de certains aliments considérés comme "grossissants" et la culpabilisation qui accompagne leur consommation qui sont dangereuses : le mangeur entre alors dans le cercle vicieux de la restriction cognitive. L’interdiction exacerbe le désir, et le consommateur "craque" sur un mode compulsif, puis éprouve un sentiment de culpabilité voire d’angoisse. La restriction cognitive mime l’addiction : on y retrouve le sentiment de dépendance, le désir excessif, le plaisir intense mais fugace de la consommation de l’aliment interdit.
Attention aux sucres cachés
Pour pouvoir retrouver le plaisir de manger une sucrerie de temps en temps sans arrière-pensée, il faut diminuer sa consommation générale de glucose. Or le sucre raffiné est de plus en plus présent dans notre alimentation moderne, notamment dans les préparations industrielles.
On ne compte plus les produits auxquels sont adjoints fructose et autre saccharose. Dans certains cas il s'agit de glucides ajoutés pour faciliter la fabrication (amidon dans les aliments congelés ou en conserve par exemple), mais pour de nombreux aliments il s'agit seulement d'améliorer le goût : sodas, confiseries, desserts lactés…
Pour repérer les sucres ajoutés, il faut donc être attentif à la liste des ingrédients, d’autant que le sucre simple a bien des noms : cassonade, sucre de canne, sucre brut, sucre inverti, saccharose, glucose, mais aussi nectar d’agave, cristaux de canne, édulcorant à base de maïs, sirop de glucose, sirop de maïs à haute teneur en fructose, fructose cristallin, dextrose, jus de canne évaporé, fructose, concentré de jus de fruits, fructose-glucose, miel, lactose, maltose, sirop de malt, mélasse, sirop…
4 conseils pour diminuer sa consommation de sucre
- Limiter sa consommation de produits industriels et de boissons sucrées et privilégier les fruits et légumes frais
- Ne pas s’interdire les aliments sucrés, mais apprendre à les consommer avec plaisir et sans culpabilité
- Lire les étiquettes de composition des produits et apprendre à reconnaître les sucres cachés
- Utiliser des épices (cannelle, gingembre) et des herbes (menthe) pour parfumer les desserts et les boissons, et des édulcorants de temps en temps
Articles







Imprimer



